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Après "Bouche cousue" présenté aux Semailles l’an dernier, place à "La Vierge et moi", troisième volet du triptyque
(Hannah/ Bouche-Cousue / La Vierge et moi), qui sera présenté dans son intégralité à la Cité du Verbe en 2020.

Ces trois textes nous parlent de « nos affaires humaines » pour reprendre les mots d’Hannah Arendt.



 


A partir de 14 ans - Durée : 1 heure 30 
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Textes : Marion Muller-Colard
Mise en scène : Sandrine Pirès
Jeu : Anne Gaillard, Sophie Nehama, Juliette Steiner, Matilda Moreillon
Composition musicale : Samuel Colard
Scénographie : Sybille du Haÿs et Joachim Reckers
Régie générale : Charles Gesegnet
Création costumes : Florence Bohnert
Photographe : Vladimir Lutz

Production : Cie Le Gourbi Bleu
Coproductions : Espace 110 - Centre Culturel d’Illzach, Cité du Verbe - Missery
Un projet accompagné par l’Agence culturelle Grand Est et Quint’Est dans lecadre de Balises.




 


Trois femmes se croisent, se rencontrent, s'interpellent au pied d'une statue de la Vierge.
 

Une amoureuse, une jeune mère, une clocharde. 

 

Elles se disputent, se consolent, en viennent aux mains, parfois. Elles livrent leurs souvenirs d'enfance, leurs rêves, leurs colères, leurs folies.  

Enfant, la jeune mère s'est jurée qu'elle deviendrait Marie, quand elle serait grande. Et la voilà enceinte, sans bien comprendre comment, émerveillée d'avoir si bien réussi. 

Mais lorsqu'elle revient de nuit avec son bébé, la jeune mère essaye de le faire tenir dans les bras de la statue pour le confier à plus grande qu'elle. Plus grande peut-être, mais de marbre.

L'amoureuse et la clocharde sont malgré elles investies d'une mission. Elles ne peuvent pas abandonner la jeune femme, en proie à son premier désespoir maternel. Car cet enfant n'est pas celui qu'elle attendait, dit-elle. Et elle n'est pas cette mère toute puissante et pleine de grâce qu'elle avait imaginé devenir. L'amoureuse, elle, s'était jurée de n'avoir jamais d'enfant. Elle qui attendait désespérément un homme, la voilà flanquée d'un bébé qu'elle n'a ni attendu, ni désiré.

Qui pourra consoler l'amoureuse de l'homme qui ne vient pas ? Qui donnera à la jeune mère le courage de se détourner des statues pour entrer dans le vif du réel, dans la chair et l'os d'une vie incarnée, brinquebalante, majestueuse, décevante ? Et qui consolera les mères inconsolables de n’avoir pas su consoler ?

Sur ce qu'il reste de la vie après les désillusions, la clocharde en connaît un rayon. Un rayon lumineux qu'elle dévoilera petit à petit, au pied de la statue de Marie dans les jupes de qui elle a dressé son abri de fortune...





Extrait :

L’amoureuse (au pied de la statue de la Vierge) : Je voudrais revenir sur un malentendu. L'autre jour j'étais à vos pieds, mais il ne faudrait pas vous méprendre. Il se trouve que vous êtes là et que vous monopolisez l'espace, si bien que si quelqu'un veut se tenir ici, aussi, et bien il est forcé d'être à vos pieds. D'ici à ce que vous en déduisiez qu'on se met volontairement à vos pieds, il n'y a qu'un pas. Mais c'est un malentendu. Le fait que je me tenais là, l'autre jour, n'a rien à voir avec vous. Je voulais simplement me tenir à cette place, ici, et c'est mon droit le plus strict. Je n'ai pas nécessairement à tenir compte de vous. Ce n’est pas parce que vous êtes là à plein temps que vous êtes propriétaire de cette place, Marie.  




Retrouvez plus d'information sur le spectacle et la Compagnie Le Gourbi bleu sur leur site internet :
 https://www.legourbibleu.com/